Haut-Karabagh: Pays fantôme ? État de fait.

Balloté entre les différents empires au cours des siècles, rattaché à l'Arménie puis à l'Azerbaïdjan à la création des Républiques Socialistes du Caucase, indépendant mais non reconnu à l'issue du conflit avec l'Azerbaïdjan, le Haut-Karabagh essaye finalement de se construire un état depuis quelques années en parallèle des négociations. Pendant que dans les coulisses du groupe de Minsk on joue sur les mots, jongle avec les textes du droit international et nie les évidences; les institutions se construisent, les arméniens repeuplent les anciennes zones azéries et le terme de facto prend tous les jours de plus en plus de sens...
Reportage réalisé avec la journaliste Anaïs Coignac

En remontant le Delta du Danube - Sulina

Au km 0 du Danube, le vieux phare de Sulina n'est plus qu'un symbole. Porte orientale de l'Union Européenne depuis l'adhésion de la Roumanie en 2007, il n'éclaire plus un seul cargo. Au début du siècle dernier, la Mer Noire s'est retirée en contrebas, découvrant quelques parcelles de terrains en friche autour de l'édifice. Au même moment, la Commission Européenne du Danube s'en allait, et avec elle une pléiade de négociants turcs, grecs, allemands, français, lipovènes russes et cosaques ukrainiens. 10 consulats ont descendu leur drapeau. Le français a perdu son rang de langue officielle et la Roumanie a repris ses droits sur ce territoire déserté. C'était en 1939 et depuis, la ville n'a cessé de croire en sa rédemption.
Travail en cours sur d'autres sites du Delta.
Reportage réalisé avec la journaliste Anaïs Coignac

Les Migrants de Calais

Calais est aujourd'hui un lieu de passage pour des migrants espérant (pour une majorité) atteindre l'Angleterre. La collaboration intense entre les autorités françaises et britanniques pour renforcer la sécurité autour des points d'embarquement possibles (aire d'autoroute, port, gare, etc.) rend le passage extrêmement difficile. Les migrants restent donc des semaines, voir des mois à errer dans la région de Calais dans l'espoir de pouvoir passer. Des journées d'inactivité en attendant les tentatives de passage la nuit.

Argentina - Fabricas Recuperadas

Décembre 2001. L'Argentine est confrontée à la crise économique la plus violente de son histoire. Le pays est en cessation de paiement. Le chaos s'installe. Quatre présidents de la République se succèdent en dix jours. Beaucoup d'entrepreneurs, endettés jusqu'au cou, décident de stopper la production et de se débarrasser des actifs de leur usine pour rembourser leurs dettes. Laissant sur le carreau des milliers d'ouvriers. Se trouvant injustement victimes de décisions auxquelles ils n'ont pas pris part, certains d'entre eux refusent de quitter leur poste de travail et organisent la résistance. "N'ayant plus rien à perdre, on a décidé d'occuper l'usine. C'était se battre jusqu'au bout, ou perdre notre dignité" explique Martín, métallurgiste. Ils se sont battus pendant des mois jusqu'à obtenir l'expropriation des propriétaires et à récupérer l'outil de production pour reprendre le travail. Le phénomène des entreprises récupérées en Argentine a pris une ampleur considérable. Plus de 230 entreprises fonctionnent désormais en coopératives, employant plus de 10 000 salariés.
Photos: Cédric Friggeri-Julien Pebrel/Du Grain à Moudre
Reportage réalisé avec le journaliste Hervé Segata



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